Ostéotomie mandibulaire

Chirurgie orthognathique mandibulaire / Ostéotomie sagittale des branches mandibulaires (OSBM)

Dernière modification : 3/04/2019

Une fiche d’information est téléchargeable. Il s’agit d’un document officiel de référence des sociétés savantes pour l’information concernant les interventions chirurgicales. Ces fiches sont remises aux patients avant l’intervention chirurgicale pour compléter l’information donnée par le praticien. Des informations complémentaires sont apportées dans les chapitres suivants et surtout lors des consultations. Les risques comme l’ensemble des éléments de la prise en charge doivent être présentés par les chirurgiens de manière objective et compréhensible aux patients. Ces risques sont plus souvent exceptionnels mais doivent être compris et acceptés par les patients.

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Présentation

L’Ostéotomie mandibulaire consiste à déplacer la mâchoire inférieure (mandibule) afin de corriger une anomalie de position des dents et des mâchoires. Son objectif est de réaligner les deux mâchoires et permettre un meilleur positionnement des dents.

Pour connaître, les Généralités et Conséquences de cette anomalie, cliquez ici : Généralités et conséquences : fonctions et risques.
Rendez-vous sur le « Plan de traitement », pour vous informer sur les étapes de traitement de cette intervention.

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Le set-up préchirurgical

Le set-up (bilan) pré-chirurgical :

Une consultation est réalisé une semaine avant l’intervention par le chirurgien (examen clinique, radiologique, moulage de plâtre). L’objectif est de  simuler l’intervention pour chaque patient : 

  • déterminer les déplacements des mâchoires nécessaires,
  • simuler l’intervention,
  • réaliser (par un prothésiste dentaire) des guides pour positionner précisément les mâchoires lors l’intervention

 

Plan de traitement : orthodontie, chirurgie orthognathique

 

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comment se déroule l'intervention ?

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale au bloc opératoire.

Les incisions sont réalisées dans la cavité buccale. La mâchoire est déplacée et positionnée à l’aide des guides réalisés lors du set-up pré-chirurgical.

Des plaques et vis en titane permettrons de maintenir la mâchoire dans la nouvelle position.

Les points de suture résorbables disparaitront après 1 mois.

 

L’hospitalisation est en moyenne de 2 jours après l’opération.

Toutes les incisions sont effectuées à l’intérieur de la cavité buccale à l’exception parfois de deux minimes incisions au niveau des joues afin de mettre en place les vis.
Le chirurgien coupe l’os à l’aide d’instruments ultrasoniques modernes (piezochirurgie) permettant des découpes fines, précises et en limitant au maximum le traumatisme. Les mâchoires sont repositionnées à l’aide des guides réalisés lors de la simulation de l’intervention. Les structures osseuses sont fixées par des petites plaques de titane. Les fils de suture dans la bouche disparaissent environ 1 mois après l’intervention.

Parfois une ostéotomie de la mâchoire du haut est associée, il s’agit alors d’une ostéotomie Bimaxillaire, repositionnant les deux mâchoires.

Parois une Ostéotomie du menton ou génioplastie peut être associée à une ostéotomie bimaxillaire.

Des exercices de gymnastique mandibulaire (auto-rééducation) seront systématiquement indiqués en post opératoire.

Le chirurgien contrôlera la bonne évolution 15 j après l’intervention, puis le patient sera revu régulièrement à 2 mois, 6 mois, 1 an et à la fin de l’ensemble du traitement.

 

Plan de traitement : orthodontie, chirurgie 5

 

Le matériel d’ostéosynthèse (plaques et vis) est parfois retiré 6 mois à 1 an après l’intervention.

 

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Exemple d'une ostéotomie mandibulaire

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Suites opératoires immédiates

Afin de prévenir des difficultés de cicatrisation, le tabac doit être parfaitement arrêté depuis au moins un mois avant l’intervention et ne pas être repris avant la fin de la cicatrisation.

Le gonflement des joues et de la lèvre supérieure (œdèmes) est très fréquent et parfois important entraînant un inconfort quelques jours après l’intervention.

Des saignements minimes par le nez ou par la bouche sont fréquents juste après l’intervention et sont habituellement sans gravité.

La douleur est modérée et cède avec des antalgiques simples et disparait en quelques jours. Des vessies de glace fournies en post opératoire diminuent le gonflement et la douleur.

Des nausées et des vomissements sont courants suite à l’anesthésie générale et des médicaments sont prévus pour les limiter.

Les ostéotomies entrainent des troubles de la sensibilité de la lèvre inférieure, des dents et du menton du fait de la dissection des nerfs. Cette insensibilité peut durer quelques semaines à quelques mois (parfois un an) et récupère spontanément sans traitement particulier.

Le déplacement des maxillaires peut s’accompagner d’une modification morphologiques et donc esthétique du visage qui n’est évaluable qu’au bout de 2 à 3 mois.

Après une période de 8 jours, il est possible de reprendre une activité scolaire, professionnelle ou intellectuelle normale. Cette période sera adaptée au type de chirurgie et aux activités du patient. Les activités sportives doivent être arrêtées 1,5 mois.

La consolidation osseuse est obtenue au bout de 45 jours (1,5 mois).

 

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Les soins post opératoires

Des élastiques sont mis en place au niveau des bagues pour permettre de guider les mâchoires en bonne position. Après l’intervention, il est possible d’ouvrir la bouche, de parler et de boire de l’eau. Il n’y a pas classiquement de blocage.

Les élastiques sont retirés lors des repas et des exercices de gymnastique des mâchoires.

L’alimentation sera liquide le premier soir puis mixée 1 semaine après l’intervention puis molle 1 mois et demi. La dureté des aliments sera augmentée progressivement sans jamais provoquer de douleurs pour ne pas entrainer de problème de consolidation.

L’hygiène de la cavité buccale doit être parfaitement réalisée : utilisation d’un jet dentaire pour le nettoyage des boitiers, brossage de l’émail des dents (blanc des dents pendant 15 j) puis brossage normal avec une brosse à dent très souple.

 

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Les risques de l'intervention

Tout acte médical même bien conduit recèle un risque de complications. Il ne faut pas hésiter à prendre contact avec l’équipe chirurgicale en cas de problème.

Dans 5% des cas d’ostéotomie du maxillaire inférieur, il peut persister des troubles de la sensibilité de la lèvre inférieure, du menton, de la gencive et des dents. Au-delà de la 3ème année, le déficit séquellaire peut être considéré comme définitif.

Une infection des tissus mous de la joue (cellulite) peut survenir quelques jours à quelques semaines après l’opération et nécessiter un traitement adapté.

Des traits de fracture imprévus lors de la section osseuse peuvent entraîner une durée prolongée de blocage des mâchoires.

Des saignements abondants sont rares au cours de l’intervention et peuvent exceptionnellement nécessiter une transfuser de sang voire un geste chirurgical complémentaire.

Un retard ou une absence de consolidation osseuse, souvent favorisé par des facteurs extérieurs (traumatisme…) est très rare et nécessite de réaliser un nouveau blocage des mâchoires parfois une greffe osseuse.

Des anomalies de positionnement des dents peuvent être constatées plus ou moins tardivement. Si elles sont minimes, elles sont corrigées par le traitement orthodontique post opératoire. Dans des cas exceptionnels où elles sont importantes, elles peuvent justifier une ré intervention.

Des troubles des articulations des mâchoires peuvent se manifester (ou s’aggraver s’ils sont pré existants) après ce type de chirurgie. Ils sont généralement bénins et s’améliorent le plus souvent spontanément en quelques mois.

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